Après avoir initié et mis en oeuvre il y a quelques années l'un des premiers composts collectifs* en pied d'immeuble à Paris, je suis devenu Maître-Composteur et, fort de cette expérience et de celle de mon activité professionnelle de consultant-formateur en développement durable, je propose désormais aux collectivités, bailleurs, associations de locataires, syndics et jardins partagés formation et accompagnement dans la mise en place de cette gestion locale de traitement des déchets organiques. C'est ma CompoSt'ory !

Jean-Jacques Fasquel, Maître-Composteur, Consultant-formateur en prévention des déchets et jardinage au naturel.

* désormais de plus en plus désigné par le terme "composts partagés"

vendredi 30 novembre 2012

Un compost qui a supermarché



Il y a quelques semaines j’étais invité à visiter le Super U de Nozay (44) à deux pas de Notre Dame des Landes ;-) car ce supermarché composte depuis mai dernier une partie de ses bio-déchets. C’est l’une des premières grandes surfaces alimentaires à le faire in situ et sans « machine » et ce ne sera pas la dernière d'autant qu'une nouvelle réglementation commence à s'imposer depuis cette année aux gros producteurs de ce type de déchets.

Mais arrêtons-nous tout d’abord sur la réflexion globale et amont des différents déchets produits. La plupart des déchets non biodégradables du magasin sont triés et recyclés ou réutilisés dans des filières spécifiques (cintres, palettes, cellophanes, blisters, aluminium, polystyrène, …). 
Restaient les déchets organiques. Avant de chercher puis trouver à valoriser le flux de bio-déchets une expérience a permis de le limiter. Alors qu’ils étaient autrefois directement jetés par le personnel dans la poubelle grise les produits alimentaires (abîmés ou périmés) sont désormais placés chaque jour dans des caddies par catégorie afin de visualiser et leur volume et leur type. Cette vision a sensibilisé les employés et a optimisé sa gestion des commandes et des stocks et in fine a permis de réduire de 50 % le volume de marchandise jetée en 4 ans ce qui correspond à 1 % de marge ... même si on ne nous dira pas sa traduction en valeur absolue sonnante et trébuchante ;-)

 Les bio-déchets néanmoins mis au rebut sont pour une grande partie (viennoiserie, yaourts, légumes et fruits) offerts à une ferme pédagogique du cru pour en nourrir les animaux  ou envoyés dans une filière adaptée pour ce qui concerne les sous-produits animaux. L’ultime solde est composté. Chaque semaine et à tour de rôle, 2 agents déballent les invendus (du paquet de farine au camembert en passant par la tranche de jambon ou la salade), les mélangent à du broyat puis amènent et  déversent ce mélange dans un pavillon de compostage de 20 m3. Les retournements du compost en cours de transformation sont réalisés mensuellement par du personnel d’un ESAT local qui par ailleurs approvisionne le site en broyat.

La mise en place du système a coûté 10 000 euros (dont la signalétique et la communication associée). Chaque mois il coûte 150 euros de frais de retournement et mobilise le personnel environ une quinzaine d’heures. Le compost ne pouvant être distribué (sauf à faire faire des analyses sommes toutes onéreuses) il sera épandu sur la friche autour du supermarché.

Même si le compostage est ma passion je suis tout de même resté pensif en voyant toute cette nourriture partir se faire composter… pourquoi ne pas retirer des rayons les produits un à deux jours avant leur date de péremption et les offrir au Resto du Cœur de Nozay par exemple, (ce que font d’ailleurs certaines enseignes) ?...

1 commentaire:

  1. Le compostage pour faire du compost et sensibiliser sur la quantité des déchets gaspillés... un premier pas pour la prévention des déchets
    Je prends l'idée :)
    Un moulinois qui vous remercie encore pour la visite de votre site

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