Il y a quelques semaines j’étais invité à visiter le
Super U de Nozay
(44) à deux pas de Notre Dame des Landes ;-) car ce supermarché composte
depuis mai dernier une partie de ses bio-déchets. C’est l’une des premières
grandes surfaces alimentaires à le faire in situ et sans « machine » et ce ne sera pas la dernière d'autant qu'une
nouvelle réglementation commence à s'imposer depuis cette année aux gros producteurs de ce type de déchets.
Mais arrêtons-nous tout d’abord sur la réflexion globale et amont
des différents déchets produits. La plupart des déchets non biodégradables du magasin sont triés et recyclés ou réutilisés dans des filières
spécifiques (cintres, palettes, cellophanes, blisters, aluminium, polystyrène,
…).
Restaient les déchets organiques. Avant de chercher puis trouver
à valoriser le flux de bio-déchets une expérience a permis de le limiter. Alors
qu’ils étaient autrefois directement jetés par le personnel dans la poubelle
grise les produits alimentaires (abîmés ou périmés) sont désormais placés chaque jour
dans des caddies par catégorie afin de visualiser et leur volume et leur type.
Cette vision a sensibilisé les employés et a optimisé sa gestion des commandes
et des stocks et in fine a permis de réduire de 50 % le volume de marchandise jetée en 4 ans ce qui correspond à 1 % de marge ... même si on ne nous dira pas sa traduction en
valeur absolue sonnante et trébuchante ;-)

Les bio-déchets néanmoins mis au rebut sont pour une grande
partie (viennoiserie, yaourts, légumes et fruits) offerts à une ferme pédagogique du cru pour en nourrir les animaux ou envoyés dans une filière adaptée
pour ce qui concerne les sous-produits animaux. L’ultime solde est composté. Chaque
semaine et à tour de rôle, 2 agents déballent les invendus (du paquet de farine
au camembert en passant par la tranche de jambon ou la salade), les mélangent à
du broyat puis amènent et déversent ce mélange dans un pavillon de compostage de 20 m3. Les retournements du compost en cours
de transformation sont réalisés mensuellement par du personnel d’un ESAT local
qui par ailleurs approvisionne le site en broyat.
La mise en place du système a coûté 10 000 euros (dont
la signalétique et la communication associée). Chaque mois il coûte 150 euros
de frais de retournement et mobilise le personnel environ une quinzaine
d’heures. Le compost ne pouvant être distribué (sauf à faire faire des analyses
sommes toutes onéreuses) il sera épandu sur la friche autour du supermarché.
Même si le compostage est ma passion je suis tout de même resté
pensif en voyant toute cette nourriture partir se faire composter… pourquoi ne
pas retirer des rayons les produits un à deux jours avant leur date de
péremption et les
offrir au Resto du Cœur de Nozay par exemple, (ce que font d’ailleurs
certaines enseignes) ?...